Leçon 4 sur 8
Unité · Les conventions que votre lecteur possède déjà
La carte ne peut pas montrer l'intervalle
Une choroplèthe de douze communes met tout le constat dans l'intensité de couleur, le canal le plus faible, et n'a nulle part où loger l'intervalle de confiance qui a décidé du constat. Douze petits graphiques montrent les deux. La carte a raison quand la question est « où », et seulement alors.
Ce que la carte devrait laisser de côté
Les deux leçons précédentes ont établi que trois communes sur douze ont un intervalle de MAG dépassant la médiane du district, et que onze paires voisines sur onze se recouvrent. Dessinez cela en choroplèthe et demandez ce qu’il en est advenu.
| Le constat | Sur un diagramme en barres trié | Sur une choroplèthe |
|---|---|---|
| Anse-Rouge vaut 15,3 % | Une longueur de barre, lue directement | Une teinte, lue contre une légende |
| Son intervalle va de 10,9 à 20,6 | Une moustache | Nulle part |
| Trois communes dépassent la médiane | Trois barres mises en évidence | Une seconde carte, ou rien |
| Onze paires se recouvrent | Visible dans les moustaches | Nulle part |
| Gonaïves a 768 dépistages, Desdunes 189 | Une note, ou un second panneau | Nulle part |
Une choroplèthe a un seul canal et l’analyse a produit quatre nombres par commune. Tout sauf l’estimation ponctuelle doit aller ailleurs ou disparaître, et en pratique cela disparaît.
Et le seul canal dont elle dispose est le plus faible. L’intensité de couleur se classe cinquième sur six pour la fidélité de décodage ; la longueur d’une barre se classe deuxième.
Le problème de la surface
areas = {"Gonaives": 502, "Anse-Rouge": 425, "Desdunes": 76, "Marmelade": 152}
# Visual weight is area. The finding is prevalence. These are unrelated.
Une choroplèthe donne à chaque commune un poids visuel proportionnel à sa superficie, laquelle n’a rien à voir avec sa population, sa charge de cas ou sa prévalence. Une grande commune peu peuplée domine une carte qu’un diagramme en barres aurait placée au milieu.
Ce n’est pas un détail technique dans ce secteur. Les communes rurales sont grandes et les urbaines petites, si bien qu’une carte d’indicateur sanitaire surpondère systématiquement les cas ruraux et sous-pondère l’endroit où vivent la plupart des enfants.
Quand une carte est le bon graphique
Il y a trois cas, et il vaut la peine d’être précis parce que « il nous faut une carte » est généralement une demande de carte plutôt qu’une question de géographie.
Quand la question est réellement spatiale. Où sont les inondations. Quels camps sont à moins d’une heure d’un point d’eau fonctionnel. Si les villages non desservis sont contigus ou dispersés — question à laquelle un diagramme en barres ne peut pas répondre du tout.
Quand le public navigue par la géographie. Un responsable sanitaire de district trouve sa propre zone sur une carte plus vite que dans une liste alphabétique, et c’est un coût réel épargné.
Quand la contiguïté est le constat. Propagation d’une maladie, aire de chalandise d’un marché, grappe de points d’eau hors service le long d’une même route.
Sinon, triez un diagramme en barres. « Quelles communes sont les pires » est une question de classement, et un classement est ce à quoi sert un diagramme en barres trié.
Les petits multiples
L’alternative à une carte, ce sont douze petits graphiques, et elle est plus solide qu’il n’y paraît.
import matplotlib.pyplot as plt
fig, axes = plt.subplots(3, 4, figsize=(10, 6), sharex=True, sharey=True)
for ax, (commune, series) in zip(axes.flat, monthly.groupby("commune")):
ax.plot(series["month"], series["gam"])
ax.set_title(commune, fontsize=9)
ax.axhline(0.10, linestyle="--", linewidth=0.8) # the same reference on each
ggplot(monthly, aes(month, gam)) +
geom_line() +
geom_hline(yintercept = 0.10, linetype = "dashed") +
facet_wrap(~commune, ncol = 4)
Quatre règles, et en enfreindre une transforme douze graphiques en douze graphiques sans rapport.
Axes partagés, toujours. Si chaque panneau s’ajuste à ses propres données, le lecteur compare des formes dessinées à douze grossissements différents, ce qui vaut moins que pas de comparaison du tout.
La même ligne de référence sur chaque panneau. C’est ce le long de quoi l’œil se déplace.
Ordonnez les panneaux selon quelque chose. Par valeur, par géographie, par l’ordre dans lequel le lecteur les cherchera. L’alphabétique est le choix par défaut et presque jamais l’utile.
Une seule forme, apprise une fois. Le lecteur décode le premier panneau puis lit les onze autres gratuitement — ce qui est toute l’efficacité de la forme et la raison pour laquelle elle bat une carte sur une question de comparaison.
Le graphique que veut généralement une demande de carte
Trois substitutions qui satisfont la question sous-jacente à moindre coût.
| La demande | Ce qu’elle veut généralement | Donnez-leur |
|---|---|---|
| « Une carte de la MAG par commune » | Quelles communes cibler | Barres triées avec intervalles |
| « Une carte des points d’eau » | Combien fonctionnent, et où les pannes se groupent | Barres par district, plus une carte seulement si le regroupement est la question |
| « Une carte de la charge de cas » | Où sont les gens | Une carte de taux, jamais d’effectifs |
Une choroplèthe d’effectifs est une carte de population. Elle montre où vivent les gens, dans chaque jeu de données, à chaque fois — parce que l’effectif est la population multipliée par le taux, et que la population varie davantage. Cartographiez des taux, ou ne cartographiez rien.
Si vous dessinez quand même la carte
Quatre choses lui sont nécessaires, et une carte qui en manque vaut moins que le diagramme en barres qu’elle a remplacé.
Des taux, non des effectifs, pour la raison ci-dessus.
Un découpage en classes énoncé. Quantiles, intervalles égaux, ou les seuils propres au secteur. Les quantiles garantissent qu’un cinquième des zones est dans la pire classe quoi que disent les données ; les intervalles égaux laissent une valeur extrême aplatir tout le reste. Les phases IPC et les bandes de PB sont des découpages qui ont un sens, et là où ils s’appliquent ils battent les deux autres.
Le dénominateur sur la page. Une commune foncée sur 189 dépistages et une commune foncée sur 768 ne sont pas la même affirmation, et la carte ne peut pas les distinguer.
Un graphique compagnon. La carte répond à où ; le diagramme en barres trié avec intervalles répond à combien et avec quelle certitude. Publier les deux coûte un panneau supplémentaire et c’est ce qui permet de lire la carte sans danger.
Rapportez-le en entier
Global acute malnutrition by commune: presentation
Reported as a sorted bar chart with 95% intervals rather than as a
choropleth. The finding is a ranking with substantial uncertainty, and a
choropleth has one visual channel, which the point estimate occupies.
Eleven of eleven adjacent communes have overlapping intervals; a map would
show twelve distinct shades and imply twelve distinguishable levels.
A commune map is included in Annex C for navigation, showing rates and not
counts, with the number of screenings labelled on each commune and the
same class breaks as the bar chart.
Le dernier paragraphe est le compromis qui tient généralement : la carte existe, pour ceux qui naviguent avec elle, et elle porte les dénominateurs pour ne pas être lue au-delà de ce qu’elle est.
La suite
Tout ce qui précède a supposé que le lecteur voit le graphique en couleur, en taille réelle, sur un écran. La leçon suivante l’imprime en niveaux de gris, le projette dans une salle éclairée, et le tend à quelqu’un qui ne distingue pas les deux teintes.